Constructions diverses

Constructions diverses

Bon-Park, Grand-Lancy

SITUATION / PROGRAMME

Un lieu à (ré)inventer. Dix-huit immeubles, des dizaines de milliers de mètres carrés destinés au logement, trois mille cinq cents habitants prévus, du commerce et un grand parc public: le nouveau quartier de la Chapelle est un défi urbain majeur à l’échelle du canton de Genève.
Situé au sud de la ville sur la commune de Lancy, cet immense projet a réellement démarré en 2009 lorsque le plan localisé de quartier (PLQ) a été adopté par les autorités cantonales. Le terrain est proche de la zone villas et de jardins familiaux. Il est aussi facilement accessible par la route de Saint-Julien, de Saconnex-d’Arve, ou même par l’autoroute de contournement.

Au cœur de ce concept urbanistique est prévue une longue esplanade. Pénétrant le site dans un axe nord-est sud-ouest, cette surface n’entend pas se limiter à une simple fonction de circulation.
Colonne vertébrale structurante, elle se veut également zone de rencontre, de jeux et de détente. Unique espace minéral dans un secteur qui privilégie la présence d’espaces verts, l’esplanade offre de nombreuses places de stationnement pour les visiteurs. En toute discrétion, elle couvre aussi un gigantesque parking souterrain d’environ quatre cents places, réparties sur trois niveaux et conçues pour les dix premiers immeubles du PLQ.

PROJET

Dessus, dessous: la même attention. Sur près de deux cent cinquante mètres de long et quelque vingt de large, l’esplanade traverse donc le (futur) quartier de part en part. Logiquement disposées dans la partie basse du terrain, les deux rampes couvertes donnent le ton: dans un traitement bien cadré s’inscrit un langage formel souple et ondulant.
Un jeu permanent de courbes tendues et d’arrondis agréables se retrouve en effet dans les divers éléments qui parsèment et rythment l’esplanade, qu’il s’agisse des quatre édicules des sorties du parking souterrain, du mobilier urbain (bancs et abris notamment) ou des cheminées d’extraction.

La matérialité principale est le béton brut teinté, les garde-corps sont en acier galvanisé, le sol en enrobé traditionnel. L’intégration de l’éclairage dans les dalles des toitures plates ou sous les bancs, le regroupement des points de tri pour déchets permettent de limiter la présence d’objets parasites dans le périmètre (poubelles, réverbères ou autres). Cette ambiance à la fois sobre et douce se perçoit jusque dans le parking souterrain.

A chaque édicule de sortie, juste derrière l’ascenseur, se déploie un large puits ouvert sur les trois niveaux construits en infrastructure. Végétalisés, ces patios aux angles arrondis diffusent la lumière du jour jusqu’au dernier sous-sol et garantissent une ventilation naturelle à tout le parking. Pour les usagers, ils constituent surtout des remparts contre le sentiment de malaise que suscite parfois ce type d’espaces enterrés. Longiligne et de gabarit forcément limité, cette esplanade aurait facilement pu disparaître derrière la variété expressive des différents grands bâtiments alentour en cours de réalisation. Grâce à des options stylistiques audacieuses et à un concept général rigoureux, le projet réussit toutefois à affirmer son identité singulière au cœur du site.

Aménagement paysager maîtrisé et ouvrage d’ingénierie aux contraintes multiples (sécurité, incendie), il répond avant tout à sa vocation première: celle d’être au service d’un quartier encore en devenir.