Logements

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Résidence Vernaz, Aïre-la-Ville

SITUATION / PROGRAMME

La campagne en question. Un terrain excentré du cœur villageois, de beaux arbres, une maison-atelier cachée derrière un mur: c’est là que le peintre Hans Berger, presque centenaire, s’est éteint en 1977. Trente ans après sa mort, la famille entend valoriser la parcelle, sans renier l’héritage culturel de celui qui avait fréquenté Ferdinand Hodler et Cuno Amiet.

Située dans la “Champagne” (région de l’Ouest genevois), dans le village d’Aire-la-Ville, cette parcelle triangulaire de 2’405 m2 entourée de bâtiments récents et bordée par la rue principale apparaît comme un îlot préservé. Pour le maître de l’ouvrage, il est clair que l’optimisation du foncier doit impérativement rimer avec la préservation du site, l’intégration au tissu rural et un principe de construction écologique.

Des directives fortes qui laissent néanmoins aux architectes une liberté totale pour l’expression et l’organisation du futur bâtiment. Viennent alors l’analyse du périmètre, l’étude de potentialité et les interrogations sur la notion du “vivre à la campagne aujourd’hui”. Divers paramètres qui, couplés aux contraintes légales (distances aux limites parcellaires, zone villageoise protégée) et à la volonté d’un rapport harmonieux au paysage, déterminent peu à peu les grands axes du projet.

PROJET

La réponse en campagne. Compact et homogène, le bâtiment imaginé par les architectes s’inscrit dans un parc arborisé. Les places de stationnement sont (presque) toutes cantonnées au sous-sol pour dégager un maximum d’espaces de jardins. L’accès piétonnier pour les quatorze appartements se fait sur l’arrière, depuis le chemin des Vernaz.

Implanté en retrait des voies d’accès et mesurant près de soixante mètres de long, l’immeuble s’insère en douceur dans le paysage par un gabarit approprié (R+1+combles) et un traitement inédit alliant une expression contemporaine avec une mise en œuvre et des matériaux traditionnels. Alors que la monotonie est cassée par un plan fragmenté en facettes (un principe qui se retourne sur les pignons et se développe jusque dans le profil de la toiture), l’enveloppe extérieure se compose d’un bardage vertical en mélèze, percé ponctuellement d’ouvertures aux proportions convenues et aux volets repliables.

Sous une couverture de zinc, les espaces de combles bénéficient côté couchant de profondes terrasses creusées dans la masse de la toiture. Un dispositif habituellement malvenu dans un site villageois, mais dont l’impact esthétique se voit ici fortement réduit par une ligne de corniche ininterrompue sur le pourtour de l’immeuble et un raccord très maîtrisé entre murs verticaux et pans inclinés.
L’isolation thermique de 24 cm. enrobe un système constructif de dalles et de murs en béton, sauf aux combles où les grandes portées ont nécessité une combinaison de bois et d’acier. Enfin, le raccordement au système de chauffage à distance produit par le traitement des déchets des Cheneviers a permis de se passer de chaufferie, de pompe à chaleur et même de capteurs solaires, tout en garantissant le standard énergétique (label Minergie-P®). Par sa force expressive et sa contemporanéité assumée, ce bâtiment écrit indéniablement une nouvelle page de l’histoire du lieu. La mémoire de Hans Berger, peintre solitaire et inclassable ayant vécu plus de cinquante ans sur le site n’a pas été trahie.