Ilôt Terreaux-Mauborget

Bâtiments administratif et commerces

Bâtiments administratif et commerces

Ilôt Terreaux-Mauborget, Lausanne

HISTORIQUE/SITUATION

Edifié au tournant du 20e siècle, l’îlot Terreaux-Mauborget est constitué de cinq édifices ancrés au croisement des deux rues éponymes. À la lumière de leurs qualités architecturales et historiques, une note de niveau 2 a été attribuée aux bâtiments sur rue et 3 sur les bâtiments sur cour. Urban Project SA a été missionné en 2013 en qualité de représentant du maître de l’ouvrage et pilote du projet pour superviser l’ensemble des travaux exécutés sur ce bâtiment historique qui abritait autrefois le «Kursaal-Théâtre des variétés». Un lieu choisi par Coop pour lancer son premier «Concept store Fooby» en Suisse. Placés à l’enseigne de la Galerie Bel-Air, la plupart des vestiges intérieurs datent de 1934, année où la salle inaugurée en 1901 (sur des plans de Jacques Regamey) s’est transformée en cinéma. L’architecte Ali Squalli a pris en charge le ravalement des façades, la rénovation complète des toitures ainsi que la création d’une quinzaine d’appartements dans les combles.

CONCEPT D’ORIGINE

L’ensemble Terreaux-Mauborget constitue un signe fort de la nouvelle urbanisation du quartier de Bel-Air, autour de 1900. Par sa volumétrie et sa densité, il rompt avec la disparité des immeubles qu’il remplace et impose une nouvelle échelle du bâti. Malgré une certaine cohérence apparente, la réunion de ces cinq bâtiments est cependant le résultat d’opérations distinctes, conduites par des architectes différents, Jacques Regamey et Henri Meyer d’une part, Georges Chessex et Charles-François Chamorel-Garnier d’autre part. Toutes ces constructions ont toutefois été réalisées sur une très courte période, entre 1898 et 1901.

Les architectes du troisième millénaire ont veillé à préserver les volumes qui rappellent la vocation historique de ce lieu dévolu au théâtre, puis au cinéma. L’objectif était que l’édifice conserve sa splendeur et sa particularité architecturales.

Si l’ancien théâtre occupant le centre de l’îlot a été transformé pour accueillir des commerces, le balcon, la scène et les escaliers ont été conservés. La coupole coiffant l’ancienne salle a été rénovée et la structure métallique remplacée par du verre censé redonner de la luminosité à la Galerie Bel-Air. Les fresques de 1918-1920, mises au jour au début du chantier, ont également été sauvegardées.

RÉALISATION

Parmi les nombreux défis rencontrés par les constructeurs, on relèvera les difficultés d’accès au chantier et l’impossibilité de faire usage d’une grue (les monoblocs de ventilation sont arrivés par hélicoptère). Les intervenants ont procédé au ravalement complet des façades sur rue, remplaçant les pierres de taille (en calcaire côté rue et en moellon crépi côté cour) endommagées. Les fenêtres, originalement en chêne verni, remplacées lors d’une précédente rénovation par des fenêtres en PVC, ont laissé la place à des fenêtres en bois validées par les autorités sur la base d’un prototype.

Plusieurs mesures ont été prises pour maintenir la qualité exceptionnelle de la toiture. Les éléments de ferblanterie d’ornement (œil-de-bœuf, lucarnes, lanterneaux, etc.) ont été démontés et envoyés chez un spécialiste qui a refait ces éléments à l’identique. Les rives de couverture des lucarnes ont été refaites selon une technique qui n’a pratiquement plus cours aujourd’hui. Enfin, la réfection de la toiture en bulbe a fait appel à un savoir-faire absolument exceptionnel: les tuiles de chacun des rangs ont été façonnées sur place du fait de leur largeur spécifique, elle-même en relation avec le rayon de courbure du bulbe.



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