Bâtiments administratif et commerces

Bâtiments administratif et commerces

UBS Corraterie - Confédération, Genève

HISTORIQUE / PROGRAMME

Un projet pilote. En 2010, dix ans après la fin des travaux de réaménagement de l’îlot urbain constitué de l’immeuble de la rue de la Corraterie 5 et 7, dit immeuble Camoletti, mitoyen du bâtiment rue de la Cité 4 et du 2, rue de la Confédération, l’UBS souhaite à la fois ouvrir une succursale dans son hôtel de banque, sous l’atrium côté rue de la Confédération, et recréer un accueil pour le wealth management du bâtiment Corraterie.

Le principal défi du programme consiste à intégrer dans l’atrium, cet espace monumental, le tout récent concept “branch format” d’UBS, ces nouveaux standards de travail et d’accueil actif à la clientèle qui devraient engendrer, à terme, la rénovation intérieure des 300 agences suisses de l’UBS.

Les autres éléments clés relèvent des différentes logiques à respecter: celle du bâtiment lui-même, et de son architecture exceptionnelle; celle de l’intégration des fonctionnalités de chaque service bancaire; celle de la gestion des flux; le respect des mesures de sécurité, bien sûr, avec remise aux normes actuelles de tout le bâtiment en matière de sécurité des biens et des personnes; et le renforcement de la synergie entre le commerce bancaire et les commerces adjacents, une chocolaterie et un tea-room déjà présents, ainsi qu’un point de vente numismatique nouveau venu.

PROJET / RÉALISATION

Une sculpture fonctionnelle. L’option spontanée de l’architecte vise à respecter l’atrium, cet espace central de 80 m2 entouré de 280 m2 sous les coursives, dans sa logique architecturale de cloître. Le projet mettra donc en valeur le travail bancaire, au centre où se tiendront les employés et leurs guichets ouverts sur les côtés, offrant à la clientèle un vaste espace de circulation autour, une claire visibilité, avec une gestion des flux optimum dans les allées, aux heures de pointe. Autre avantage de cette disposition, et qui s’inscrit dans le concept “branch format”: les huissiers, debout derrière ou devant leur desk au point d’arrivée des deux entrées en diagonale, peuvent venir à la rencontre des clients pour les orienter, selon leurs besoins, sur les guichets centraux ou les petits salons répartis autour de l’atrium.

Avec ses 15 mètres de hauteur sous verrière et le surplomb de ses quatre coursives, à façades de verre elles aussi, l’atrium présente au départ 2 inconvénients majeurs: la réverbération acoustique et l’alternance, selon les heures du jour et de l’année, d’absence ou d’excès de lumière. C’est avec les fameux “Nuages” de Frank Gehry que réponse sera trouvée en terme d’absorption phonique, d’éclairage artificiel le soir et de para-soleil l’été. Trois de ces nuages modulables, respectivement de 9, 12 et 3 mètres de long, sont donc suspendus par des câbles à différentes hauteurs au-dessus de l’atrium.
Cette composition structurelle et dynamique, qui tient de l’œuvre d’art autant que de l’ouvrage fonctionnel, donne à la nouvelle succursale dont elle épouse le gigantisme une ambiance calme et feutrée, en même temps qu’une lumière tamisée et une animation qui attire les regards d’emblée. A lui seul, son montage a mobilisé 3 alpinistes pendant 3 semaines.

A noter partout ailleurs: le choix de matériaux simples, dans des jeux de blanc et d’anthracite, avec peu de textures différentes, se limitant au chêne, corian, inox et verre, pour donner cohérence et harmonie à l’ensemble.
Réalisés sur 8 mois dans un bâtiment en exploitation, ces gros travaux de transformation ont exigé une gestion complexe des horaires, des nuisances sonores et de l’étanchéité à la poussière, ainsi qu’un respect scrupuleux des mesures de sécurité bancaire sur le chantier.