Logements

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Arsenal Meyrin Mategnin, 1217 Meyrin

HISTORIQUE / SITUATION

Destiné à accueillir 11 000 logements et 11 000 emplois, le quartier du PAV (PrailleAcacias-Vernets) se développe au cœur de la ville et offre un visage inédit à Genève. Symbole d’une nouvelle ère, ce vaste projet d’aménagement urbain encore en chantier entraîne une série de conséquences insoupçonnées dont les enjeux demandent des solutions pragmatiques et efficaces. C’est le cas notamment de la caserne militaire des Vernets qui, condamnée à être démolie puisque située dans le périmètre de densification, doit impérativement retrouver une place ailleurs sur le canton.

Un des 3 sites retenus se trouve en bordure des pistes de l’aéroport de Cointrin, près du hameau de Mategnin.  
Un choix qui signe la fin de la présence militaire au centre ville, mais qui ne doit rien au hasard dans la mesure où le terrain servait jusque-là de dépôt pour l’armée et, à de rares occasions, avait même permis le stationnement de la troupe.

PROGRAMME

Concentré dans un seul volume compact au gabarit de R + 2, le programme se veut donc principalement à usage de l’armée, pour l’accueil et l’hébergement d’environ 300 militaires.

Au rez-de-chaussée, le bâtiment prévoit un réfectoire traversant de 150 places, une cuisine professionnelle de production, des espaces techniques et de stockage, un local de poste et divers bureaux.

Le premier étage comprend des locaux administratifs (bureaux individuels ou salles polyvalentes), huit dortoirs de seize lits chacun, des toilettes et des douches communes. Le dernier niveau abrite des chambres simples, doubles ou triples ainsi que de nombreux dortoirs collectifs de six à seize lits. Les zones hommes et femmes sont clairement séparées, de même que les espaces sanitaires communs qui s’y rattachent. Pratiques et limités au strict nécessaire, les aménagements extérieurs prévoient tout de même une zone de détente avec bancs, arbres et table de ping-pong.

PROJET

Parallélogramme d’une cinquantaine de mètres de long sur près de trente mètres de large, le nouveau bâtiment s’inscrit dans le gabarit de l’ancien dépôt démoli. Son assise dans le terrain se joue de la pente naturelle avec, côté Sud-Est, un rez-de-chaussée accessible de plain-pied et, sur l’élévation opposée, une entrée située au premier étage desservie par un parvis avec rampe et escalier.

L’expression se veut simple et claire, avec un socle de béton brut sur lequel reposent deux niveaux supérieurs habillés d’un bardage métallique brun-gris. Les façades cadrent nettement de minces fenêtres oblongues qui ne laissent rien présager de l’aménagement intérieur. Un vocabulaire rigoureux qui dissimule une organisation spatiale habile, où cohabitent des affectations d’apparence incompatible telles que dortoirs utilisés en temps alterné et espaces pour services administratifs de jour. La présence au centre du volume des circulations verticales et des sanitaires permet de faire rayonner les pièces à vivre, leur assurant ainsi un généreux apport de lumière naturelle. À noter que la cage d’escalier elle-même est éclairée par une discrète prise de jour zénithale.

Éprouvé, le système constructif repose sur une combinaison alliant radier, poteaux et dalles en béton armé. L’excellente isolation extérieure cachée par les plaques métalliques, mais aussi la présence de cellules photovoltaïques et une production de chauffage assurée par une pompe à chaleur eau/eau et des sondes géothermiques font accéder le bâtiment aux normes enviées de la haute performance énergétique. Toute en retenue et en efficacité, cette réalisation répond avec maîtrise à un cahier des charges aux préoccupations martiales sévères et peu enclines à l’audace créative.  Elle n’en n’apparaît pas moins comme une opération réussie, sans conflit avec son environnement direct et pleinement adaptée aux besoins de ses usagers.