HISTORIQUE/SITUATION
Une vision originale du complexe de logements contemporains. La Société Lonza occupe actuellement en Valais quelque deux mille huit cent-cinquante personnes, la majorité d’entre elles se rendant à leur travail au prix d’assez longs déplacements, en provenance de septante-deux communes différentes. Il est dès lors apparu qu’une offre de logements, adaptés à des utilisateurs-types différents, devait s’affirmer d’un réel intérêt. A cet effet, l’entreprise, par sa caisse de pensions, s’est attachée au développement d’un projet original et de qualité élevée, situé dans le voisinage des installations de Viège, sur un terrain de 23’450 m2.
Objet d’un concours d’architectes jugé en septembre 1993, le projet a été mis en chantier en septembre 1995, pour se terminer, conformément au programme établi, en juillet 1997.
PROGRAMME
Conception générale et construction au service d’une idée forte. Globalement, l’ensemble réalisé, fort de dix unités différentes, présente quatre-vingts logements, répartis en appartements de 11/2 pièce à 61/2 pièces, en passant par tous les stades intermédiaires.
Des locaux communs, au nombre de cinq, trois salles de classe et une garderie complètent ce programme qui comprend encore un garage souterrain d’une capacité de 112 véhicules.
Au-delà des dimensions non négligeables de l’objet, c’est sa conception modulaire et adaptable, imaginée pour répondre à des ambitions d’ordre sociologiques autant que sociales, qui domine le programme. Celui-ci se caractérise en effet aussi bien par des objectifs conceptuels et formels que par la recherche des moyens à mettre en oeuvre pour répondre aux différentes questions ainsi posées.
Le projet développé sur ces bases tient compte d’une volonté fortement affirmée de proposer un ensemble dans lequel les rapports entre locataires sont favorisés dans et au-delà du complexe; le dispositif étudié l’est dans un esprit favorable à l’épanouissement des enfants aussi bien qu’à l’intégration des personnes âgées et des handicapés; de même, sont pris en compte le souhait d’une non-standardisation et de l’adaptabilité des espaces proposés, en vue de favoriser l’attachement des usagers à leur quartier et de développer par là un sentiment d’appartenance à un lieu et à une communauté. Enfin, interviennent dans la réflexion, les circonstances climatiques particulières de la région et des préoccupations d’ordre écologiques, traduites dans les faits par diverses dispositions relatives aux énergies, aux matériaux utilisés et à la protection contre le bruit.
PROJET
Mobilité et souplesse d’adaptation, vie communautaire et privacité. Tous ces éléments pris en compte ont conduit à la définition d’un projet aux standards hors-normes, mais de haute qualité, cette acception ayant trait à de nombreux critères, souvent non ou peu traités. La question des coûts s’est naturellement imposée comme un paramètre strictement défini et le développement de l’étude n’a pas échappé à un contrôle des dépenses globales, mises en rapport avec les buts recherchés.
Le choix de répartir les volumes en dix bâtiments dont huit reliés par un garage souterrain, convient à l’exigence d’apporter au projet une échelle humaine et une facile intégration dans l’environnement. Les édifices comprennent de six (type D) à douze logements (type A). Cette dimension est considérée comme idéale, en ce qu’elle favorise les objectifs liés au sentiment d’appartenance, tout en dégageant assez d’espaces pour les jeux et différentes possibilités d’élargir les rapports de voisinage.
Les aménagements extérieurs jouent à cet égard un rôle considérable et ils sont, de ce fait, largement définis et équipés, (cheminement, places, annexes pour entreposage des vélos et poussettes) le tout combiné avec un dispositif susceptible d’isoler du bruit provoqué par la ligne ferroviaire. Les zones de communication ainsi créées favorisent la vie intérieure du complexe et participent à la définition d’un concept sécuritaire.
Les appartements sont conçus de telle manière qu’ils résistent bien au temps et soient faciles à entretenir. Le principe arrêté définit des pièces dites de “ liaison ” et des pièces dites “ séparées ”. Les premières déterminent un jeu de possibilités intéressant, réservant en tout temps et moyennant des modifications relativement légères, le réaménagement des appartements par addition ou soustraction de volumes.
L’autre souplesse apportée consiste en l’exploitation possible de certaines pièces sous forme de volumes indépendants, disponible pour des hôtes occasionnels ou en vue d’offrir une certaine liberté à des jeunes ou à des personnes âgées vivant par ailleurs au sein de la famille.
La constitution particulière des cuisines et espaces de vie commune reprend également ces thèmes: souplesse d’aménagement, contacts et liaisons favorisés, ou possibilité d’établir certaines privacités sont offertes par la disposition générale des lieux, leur dimensionnement et leurs aménagements fixes. Là encore, un choix peu commun est réservé dans le choix et la typologie du logement.







