Établissements médicaux

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Vaud

HISTORIQUE/SITUATION

2023 a vu la mise en service de la deuxième étape (NH2) du projet d’envergure qu’ont constitué l’extension et la rénovation de l’Hôpital psychiatrique de Cery, à Prilly. Les travaux, localisés sur l’emprise de bâtiments datant des années soixante, ont démarré en 2016 et ont duré sept ans. L’un des défis majeurs pour la vie communautaire sur le site de Cery était de poursuivre l’intégralité des activités de l’hôpital malgré la présence d’un chantier d’envergure: d’où la nécessité de travailler en deux phases. Le transfert des activités dans le premier bâtiment neuf a eu lieu en juin 2020. La deuxième phase exigeait, en préalable, la démolition de l’ancienne clinique qui occupait la plus belle zone du site.

PROGRAMME

L’achèvement de la phase deux – qui coïncide avec les 150 ans de l’inauguration du premier bâtiment dédié à la santé mentale – voit la mise à disposition d’une deuxième structure contiguë à la première. Elle accueille deux unités d’hospitalisation pour adultes et une unité psychiatrique de crise et d’hospitalisation de jour pour des personnes souffrant d’un handicap mental. Le site rénové compte désormais 168 lits répartis en cinq unités pour adultes, trois pour l’âge avancé, et deux hautement spécialisées. Le nouvel hôpital intègre toutes les fonctions propres à un établissement de ce type: compact, mais en même temps articulé et composé de différentes parties, en relation avec le parc.

PROJET/CONCEPT

Le bâtiment terminé, résultat de sept ans de travaux, se caractérise par une forme en lacets qui permet de répondre aussi bien aux exigences de la typologie d’un hôpital psychiatrique qu’à celles de la topographie des lieux. Chaque unité est constituée de chambres simples ou doubles ainsi que de locaux de soins et de services. L’une des spécificités du projet était d’établir un lien entre tous les bâtiments du site.

Les espaces extérieurs jouent eux aussi un rôle important. La préservation de ce cadre contribue au ressourcement des patients, des visiteurs, des collaborateurs et à la qualité de l’accueil en psychiatrie. Par ailleurs, le parc favorise l’interactivité entre l’hôpital et l’extérieur. Le but était de privilégier une certaine « intimité non recluse», une deuxième peau censée protéger le patient, sans l’isoler du monde. À l’intérieur, les architectes ont souhaité garder la même volonté d’ouverture en supprimant les limites données par les barrières architecturales typiques des hôpitaux. Les espaces fluides sont propices aux mouvements et donc à une liberté physique et mentale des patients, tout en assurant leur sécurité.

RÉALISATION

Le bâtiment est construit partiellement sur de la molasse et une forte présence d’eau. Des sous-couches drainantes qui stabilisent l’ensemble de la construction ont été mises en place. La structure extérieure alvéolée en béton transmet la charge statique des étages aux piliers traditionnels du rez-de-chaussée.

DÉFIS

Le maintien intégral des activités médicales, la maîtrise des nuisances et la présence d’un bâtiment voué à la destruction en plein milieu du chantier imposaient un déroulement en plusieurs phases sans chevauchement possible, d’où la rigueur du planning. Toutes les options constructives ont été complètement revues et adaptées aux exigences particulières d’un hôpital psychiatrique.