Rénovations

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Tours de Gilamont, Vevey

HISTORIQUE / SITUATION

Deux tours construites dans les années soixante. Les bâtiments n’ont été que peu entretenus et nécessitaient donc des travaux importants de réhabilitation. Dans le paysage veveysan, les tours étaient considérées comme des “verrues”, représentantes d’un quartier à mauvaise réputation sociale.

Situées à l’extrémité Nord de la Commune, sur un des accès principal au centre ville depuis l’autoroute, en aval du pont sur la Veveyse, elles dévalorisaient l’image de Vevey.
De plus, les façades en béton préfabriqué, dépourvues d’isolation et les fenêtres vétustes en faisait un véritable “gouffre” énergétique, avec une consommation d’équivalent mazout de plus de 240’000 litres par an. Une étude sismique poussée, menée par le bureau d’ingénieur Berset, a toutefois confirmé l’avantage de transformer les bâtiments plutôt que de les démolir.

Chacune des tours abrite 70 logements de une à quatre pièces sur 14 niveaux au-dessus d’un rez-de-chaussée. Le Maître de l’Ouvrage, la Ville de Vevey, souhaitait remettre en état les appartements, tout en minimisant l’investissement, les loyers étant très bas, tout en procédant à un assainissement énergétique permettant une labellisation Minergie.

PROGRAMME

Emblématique pour Vevey Ville d’images. Les solutions proposées par les architectes ont pour base les critères du développement durable. En premier lieu, d’un point de vue social, il s’agissait de revaloriser l’image des tours par leur couleur jouant du “blanc et noir,” favorisant le “dialogue” par contraste. On y trouve la référence au Ying et au Yang (jour/nuit, homme/femme), un clin d’oeil à “Vevey Ville d’images” et à l’origine du cinéma avec la figure emblématique de Charlie Chaplin, qui résidait au Manoir de Ban, à quelques centaines de mètres des tours.

Les appartements ensuite, devaient favoriser une mixité de locataires. Les 4 derniers niveaux Sud sont traités de manière spécifique, en agrandissant les séjours et les cuisines et en rendant les garde-corps de balcons transparents, privilégiant la vue sur le lac et les Alpes. L’organisation interne des autres logements est modifiée, pour favoriser la lumière par suppression de galandages et aménagement de cuisines ouvertes. Les espaces collectifs, entrées, aménagements extérieurs, sont également repensés, toujours dans le but de favoriser le confort des locataires.

Les concepteurs se sont attachés à proposer au MO des choix au meilleur rapport qualité/prix, profitant par ailleurs des subventions fédérales et cantonales.
Les mesures d’économie d’énergie équivalent aujourd’hui à environ 190’000 litres de mazout. Ceci a été rendu possible par l’adoption de mesures de conservation de l’énergie optimums diminuant d’autant les rejets de CO2 dans l’atmosphère. Citons la création d’une enveloppe continue des bâtiments avec le minimum de ponts thermiques, la mise en place d’éléments performants (murs, fenêtres, toiture) et l’intégration d’un renouvellement d’air à double-flux assurant la ventilation contrôlée des appartements en profitant d’une récupération de chaleur.

PROJET

Une enveloppe très performante. A l’époque, les bâtiments ont été construits avec un système de préfabrication en panneaux de béton armé n’existant plus aujourd’hui. Les structures secondaires portant le revêtement des nouvelles façades ont dû s’y adapter. Entre elles, l’isolation a été posée en 2 couches. Une première, de 16 cm, a la particularité d’avoir un pré-découpage permettant d’intégrer les gaines de la ventilation. Une fois les gaines misent en place, une 2ème couche d’isolation de 10 cm est fixée devant un vide d’air de 5 cm et les plaques de parement en fibro-ciment.

Les vitrages sont à triples verres, sur cadres en bois, respectant les engagements environnementaux du MO. Afin d’être compatible Minergie, les cadres ont dû être élargis et l’oscillant-battant des fenêtres a été supprimé dans le but d’éviter que les locataires les laissent ouvertes. La toiture a été réalisée selon le principe duo. La pose d’une 1ère couche d’isolation avec l’étanchéité permettant de réaliser les autres travaux, notamment de façade, tout en protégeant le bâtiment et ses occupants.

A l’intérieur, les sols ont été conservés dans la mesure du possible, avec des rajouts et adaptation du parquet selon les cas. Les salles de bains ont été entièrement refaites avec des carrelages contemporains. Murs et plafonds ont été repeints.
Les cuisines modernes ont été étudiées afin de donner aux locataires les avantages actuels.

Les bâtiments ont obtenu le label Minergie. Actuellement chauffés au gaz, les bâtiments feront partie du futur réseau de chauffage à distance de la Ville. Les passages et distributions des gaines de la ventilation double-flux, intégrés dans l’isolation de la nouvelle enveloppe à l’extérieur des murs d’origine, ont constitué une difficulté considérable d’adaptation. Les pulsions dans chaque pièce et les extractions dans les salles d’eau sont reliées au monobloc en toiture avec un échangeur de chaleur.   

Pour des raisons budgétaires, il n’a pas été possible de supprimer les places de parc extérieures et de construire le garage souterrain proposé par les architectes pour éviter la promiscuité des voitures et des enfants.
Un nouvel aménagement minimum a tout de même été réalisé pour requalifier les aménagements extérieurs.

Une place de jeux pour des enfants en bas âge a été créée. L’accès aux bâtiments a été revêtu d’une couleur rouge, comme les surfaces de circulation dans les immeubles, entrées, cages d’escaliers et corridors pour caractériser les espaces dits de “communication”. Le chantier a dû tenir compte de trois étapes par bâtiment, correspondant aux gaines techniques verticales. Certains déplacements de locataires ont été nécessaires, avec pour corollaire d’aider les familles à déménager pendant les travaux intérieurs.

Par contre, le système mis au point par les architectes de prévoir tout type d’intervention à l’extérieur des bâtiments existants a permis une entière autonomie dans la réalisation des façades avec une nuisance minimale pour les occupants.
La réalisation, grâce à un concept fort accompagné par les fresques Chaplin conçues par l’artiste Franck Bourroulec, a redonné un nouveau visage et une certaine notoriété au quartier de Gilamont et surtout de la respectabilité, voire de la fierté aux habitants.



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