HISTORIQUE
Plus d’un demi-siècle d’efforts dans le domaine de la réadaptation. Etablissement d’Assurance contre les accidents, la SUVA se distingue non seulement par d’importantes prestations servies à ses assurés sous forme d’indemnités ou de rentes mais aussi par de très nombreuses actions en faveur de la prévention des accidents. Sa politique dynamique et originale l’a par ailleurs poussée, dès 1928, à la pratique de la réadaptation clinique. Cette dernière activité s’est amplifiée considérablement en 1974, dès l’ouverture du centre de post-traitement de Bellikon. Etape suivante, en 1985, cet établissement a fait l’objet d’une nouvelle organisation, permettant la mise en application d’un vaste concept de réadaptation qui a fait de lui la seule clinique en Suisse vouée à la réadaptation globale, spécialement consacrée aux victimes d’accidents graves.
Ainsi étaient réalisés les buts stratégiques majeurs que s’était fixée la SUVA, lesquels visent en même temps la prévention, l’assurance et la réadaptation.
Sur décision du conseil d’administration de la SUVA, prise en 1991 déjà, le principe d’une nouvelle clinique, établie en Romandie et calquée sur le modèle de Bellikon, a été adopté dans le but d’offrir aux suisses romands les prestations de réadaptation globale jusque là uniquement dispensées en Suisse alémanique, avec les inconvénients géographiques et pratiques que cela représente pour les patients francophones et leurs familles.
En juillet 1994, les membres du jury formé pour le choix d’un projet à réaliser sur le terrain retenu à Sion, sélectionnaient à l’unanimité neuf projets, sur quelques cent propositions, et définissaient un premier prix parmi eux «Pas de deux». Dès septembre de la même année, feu vert était donné pour débuter les études, en vue d’obtenir le permis de construire et de définir un crédit de construction.
SITUATION
Synergies médicales et médicotechniques. La recherche d’une implantation favorable en Suisse romande, conduite par un groupe de travail adhoc, a débouché sur l’examen de plusieurs sites.
Celui de Champsec, à Sion, l’a finalement emporté compte tenu, particulièrement, des synergies envisageables entre la nouvelle clinique et l’hôpital régional voisin, dans les secteurs médical et médico-technique. D’autre part, le fait que l’hôpital de Sion figure parmi les neuf centres de premiers soins aux victimes d’accidents graves pour l’ensemble de la Suisse et ses compétences reconnues en matière de neuro-chirurgie, ont joué un rôle majeur dans le choix final.
Le terrain d’implantation, acquis auprès de la Ville, présente aussi l’avantage d’accès facilités, d’une géométrie aisément exploitable, ainsi que d’un relief pratiquement uniforme, dans un cadre naturel de très bonne qualité, entre l’hôpital régional et la rivière «la Borgne». Cette situation permet non seulement de réaliser les synergies recherchées, mais de satisfaire aussi aux exigences d’autonomie, nécessaires pour l’exploitation d’une clinique de réadaptation qui répond à des critères très différents - sur les plans constructif et de fonctionnement - de ceux d’un établissement hospitalier ordinaire.
PROGRAMME
Haute technicité et possibilités d’extension. Le développement du projet vainqueur du concours d’architecture n’a pas nécessité de modifications majeures pour répondre au programme arrêté par la SUVA. Il comprend 130’000 m3 SIA pour une surface brute de 27’430 m2, avec un développement de façade de quelque 11’600 m2, et il fixe des principes de construction clairs : adoption de techniques de pointes et d’une qualité générale élevée, tant dans la mise en œuvre que dans la recherche des matériaux. Cette direction vise à mettre en premier objectif le confort des patients et la conformité des constructions avec les conditions de service qu’implique le concept de la réadaptation globale. S’y ajoutent les objectifs financiers, appréciés à longue échéance et pensés avant tout en terme de durabilité, ainsi que dans la perspective d’une exploitation économique.
Le programme prévoit cent douze lits et il est défini en fonction d’une organisation qui tient plus de l’hôtellerie que de l’hospitalier.
Cuisine et réfectoire, salle polyvalente de trois cent places assises, cabinets médicaux et salles de réadaptation, ainsi que deux piscines, forment l’essentiel des volumes, sans compter ceux qui sont dévolus aux activités administratives.
Enfin, le dimensionnement des fondations, tout comme certains systèmes constructifs, réservent la possibilité de surélever de deux étages le bâtiment des lits, cette option restant également réservée au niveau du permis de construire.
PROJET
La nouvelle clinique s’articule autour de trois bâtiments, regroupés autour d’une cour ouverte, chacun d’entre eux déterminant une fonction précise : ainsi, le corps «T» groupe les volumes liés aux activités de thérapie, le corps «L» constitue le bâtiment des lits et le corps «A» est dévolu à l’administration.
Le premier cité, le bâtiment «T» constitue le véritable cœur du complexe ; réparti sur deux niveaux, rez et premier étage, il abrite les salles de réadaptation, ainsi que deux piscines.
Le bâtiment des lits, «L», s’étage sur quatre niveaux au-dessus du rez ; on y trouve le restaurant, la cuisine et les chambres des patients, déterminant une capacité totale de cent douze lits, sous réserve, administrativement et techniquement prise en compte, indiquée au programme, d’une extension sur deux étages.
Enfin, le bâtiment «A» propose deux étages sur rez-de-chaussée, destinés aux surfaces administratives ainsi qu’à une salle polyvalente de trois cent places assises.
L’orientation principale du complexe, nord-sud, adaptée aux contraintes du terrain et du voisinage, correspond également à une réflexion globale, qui tient compte des facteurs de confort et d’exploitation ainsi que d’exigences liées au concept énergétique de l’ensemble.
Ainsi, les chambres des patients donnent à l’est, option satisfaisant à la fois un éclairement matinal souhaité et des conditions thermiques favorables. Dans le même esprit, au bâtiment «T», des sheds dispensent une lumière agréable et contribuent par ailleurs au fonctionnement énergétique de l’édifice.
Lumière et mesures de confort thermique contrôlées constituent d’ailleurs un thème dominant dans cette réalisation qui privilégie l’unité et la sobriété d’expression, obtenues par l’adoption de matériaux homogènes, soigneusement sélectionnés et mis en œuvre, tant pour leurs qualités physiques que pour leur apparence.
Ces critères ont conduit à choisir le verre comme élément majeur d’expression pour l’ensemble du complexe: l’enveloppe des différents édifices est en effet réalisée sous forme de façades ventilées dont le parement extérieur se trouve constitué de verre.
L’aspect de ce dernier varie en fonction de l’angle du regard et de la lumière et se différencie, d’un élément de la construction à l’autre, par le réglage du jeu laissé dans l’espace de ventilation, entre isolant et verre.
L’incidence entre le sol et les façades, au droit des parties émergentes ou pénétrantes, est marquée par un talus ou un muret qui permettent l’aménagement de puits d’éclairage dans les locaux en sous-sol. Cette technique contribue à une volonté généralement affirmée dans le projet, de favoriser l’éclairage naturel dans tous les locaux, jusqu’à et y compris dans les zones de circulation, lesquelles sont éventuellement éclairées par des apports transversaux ou des systèmes zénithaux.
Pour répondre aux conditions toutes particulières du climat local - ensoleillement important et températures diurnes et nocturnes élevées durant la saison d’été, vents fréquents et intenses - les faces longitudinales du bâtiment de traitement sont dotées de lamelles de verre qui, non seulement participent largement au caractère architectural des édifices, mais offrent une excellente réponse aux différentes conditions naturelles évoquées plus haut. Mobiles, commandées par des cellules photosensibles, ces lamelles se règlent en fonction des conditions d’ensoleillement.
Les toitures plates et végétalisées en fonction, également, des caractéristiques climatiques, présentent une excellente qualité d’aspect, vu depuis les étages dominants.
De nombreuses autres mesures techniques s’additionnent à ces disposition purement constructives, dans le but de faire de cette réalisation un exemple de technicité et de maîtrise, en matière énergétique. A cet effet, divers systèmes de récupération d’énergie sont mis en œuvre dans les bâtiments. Ils impliquent l’utilisation rationnelle des groupes électrogènes de secours, l’installation d’une pompe à chaleur et l’utilisation de l’eau de la nappe phréatique proche, évitant l’installation de grandes machines frigorifiques, tant pour le rafraîchissement des locaux que pour les cuisines. Enfin, 100 m2 de panneaux solaires s’ajoutent à ces dispositifs pour permettre le chauffage économique de l’eau chaude sanitaire et des piscines.
L’ensemble de ces mesures permet de situer les économies énergétiques actives à quelque 30 ou 40 %, par rapport à une organisation classique.
Pour des raisons de souplesse et d’écologie on a retenu pour le cloisonnement intérieur, après de nombreuses réflexions et études, des panneaux en plâtre préfabriqués. Ce matériau présente l’avantage d’offrir à la fois d’excellentes qualités isolantes, thermiquement et phoniquement, ainsi qu’une très bonne résistance au feu. Ce système offre aussi beaucoup de souplesse pour l’incorporation interstitielle de nombreux éléments techniques et d’une isolation adaptée aux demandes relatives à chaque type de local.
Le noyau qui compose les éléments, gypse naturel, fibre de verre et particules de bois dur, entouré de carton obtenu à partir de papier recyclé, présente le double avantage d’une excellente résistance à la compression et aux chocs, tout en illustrant magistralement les options écologiques du Maître de l’ouvrage, puisqu’il ne fait appel qu’à des composantes naturelles.


















