Bâtiment du Bit (Phases 1 à 3)

Rénovations

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Bâtiment du Bit (Phases 1 à 3), Genève

HISTORIQUE / SITUATION

 Rattachée alors à la Société des Nations, l’ancêtre de l’ONU, l’Organisation Internationale du Travail a été fondée en 1919. Histoire de fêter dignement son centenaire, l’OIT a souhaité remplacer ses installations CVSE vétustes, pour être en conformité aux normes environnementales et sécuritaires actuelles. L’emblématique bâtiment genevois abritant le Bureau International du Travail, le secrétariat général de l’organisation, devait par là retrouver une nouvelle jeunesse.

Construit de 1969 à 1974, ce vaisseau de 225 mètres présentant l’aspect d’une grande voile posée sur un catamaran est l’œuvre des architectes Eugène Beaudoin, Pier Luigi Nervi et Alberto Camenzind. Les travaux dans le bâtiment principal, composé de onze étages, ont été répartis en trois tranches. À signaler que ce chantier gigantesque a pu être mené à bien en site occupé. Lorsqu’une tranche de travaux était achevée, les collaborateurs en prenaient possession et libéraient ainsi la tranche suivante.

CONCEPT ARCHITECTURAL

Réaménager entièrement l’espace intérieur, répondre aux standards actuels en matière d’efficacité énergétique et restaurer l’enveloppe, tout en respectant l’héritage patrimonial du bâtiment ; tel était l’impressionnant ordre de mission délivré par le maître d’ouvrage, soucieux de faire de son siège genevois un exemple en matière de développement durable et de conditions de travail. Des travaux qui ont démarré en mars 2015 par le tiers sud du bâtiment principal.

Parmi les nombreux défis relevés par Steiner SA, on mentionnera en premier lieu le traitement chirurgical des façades du bâtiment principal. La peau de l’édifice genevois est composée de coques de fonte d’aluminium, ou Alcast, présentant un effet « béton bouchardé ». Des milliers d’éléments très singuliers qu’il s’est agi de traiter avec le plus grand soin. Car en la circonstance, il n’y avait pas de « pièces de rechange ». Plutôt que de déposer ces coques, l’option finalement choisie a été de refaire la façade de l’intérieur. Le complexe d’étanchéité et d’isolation a été remplacé, de même que l’ensemble des fenêtres. À cela s’est ajouté la mise en conformité des protections incendie. L’enveloppe a pu être nettoyée avec des produits dilués, opération assortie d’une récupération des eaux.

Au bénéfice d’une isolation et d’une étanchéité refaites à neuf, la toiture hérite d’un gardecorps périphérique masquant les groupes de surpression qui ont pour vocation de garantir l’accessibilité des escaliers de secours tant en évacuation que pour l’accès des pompiers.

AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS

Si les 4 500 fenêtres – un triple vitrage isolant avec store intégré dans un quatrième vitrage – ont gardé leur emplacement originel, la distribution des espaces de travail a changé. Au début des années 70, la taille du bureau était déterminée en fonction du grade du collaborateur. On privilégie aujourd’hui l’uniformisation des modules, trois fenêtres par bureau, généralement occupés par deux personnes. Avec près de 60 % de parois amovibles, le BIT s’est cependant garanti une flexibilité future pour créer des espaces de travail plus grands, par module de trois fenêtres. Les anciens éjectoconvecteurs sont passés à la trappe, l’allège de soixante centimètres dans laquelle passait le système de chauffage et de ventilation disparaissant au profit de plafonds réversibles rayonnants et de poutres actives. La surface des bureaux a ainsi pu être augmentée.

USAGE

Outre la réduction de l’impact énergétique du bâtiment, le Maître d’ouvrage voulait offrir de meilleures conditions de travail à ses collaborateurs. Au rayon des nouveautés, on citera ces éléments métalliques modulables permettant de transformer certains bureaux en open space et les séparations vitrées entre les bureaux et les couloirs. Un bien-être qui se lit aussi dans le choix des matériaux: peintures écologiques, plafonds métalliques faciles à nettoyer, sols moquette AirMaster de chez Desso – label reconnu par les allergologues – dans les bureaux, résine pour les locaux de stockage et éclairage 100 % LED.

Egalement au menu, la reconfiguration de la zone VIP du 11e étage, comprenant les salons de réception, une cuisine et une grande terrasse couverte. Les marbres existants, en provenance des pays membres de l’OIT, ont été conservés et intégrés dans le projet final.

PARTICULARITÉS

« La réalisation d’un chantier en tranches offre l’opportunité fournir à la suite trois fois les mêmes prestations, et donc d’améliorer son efficacité et sa qualité lors de chaque tranche », lâche non sans malice le directeur de projet de Steiner SA. L’expérience emmagasinée à l’occasion de la première phase de travaux a grandement servi par la suite. Pour preuve, les deux dernières tranches se sont déroulées en 27 mois, période correspondant quasiment à la première tranche. Comment expliquer cette accélération ? La première tranche a été compliquée à mettre en route. Par la suite, les intervenants ont appris de leurs expériences et privilégié l’industrialisation ainsi que la préconstruction en amont. Exemple concret avec  la construction hors site, les équipements de régulation hydraulique des bureaux, les encoffrements contre le feu et les cloisons vitrées (fabrication sur plans et non sur prise de cotes).

Le bâtiment principal a été achevé dans les délais prévus, à deux jours près ! Une nouvelle étape de travaux a démarré en 2019. Elle concerne la mise en conformité de la sécurité incendie des façades extérieures du « Groupe Réunions », l’une des deux ailes du socle avec celle des « Services généraux », toutes deux étant reliées par l’emblématique allée des Colonnades. Cette clé de voûte de la structure imaginée par Pier Luigi Nervi est constituée de vingt colonnes sculpturales nervurées en béton de marbre de Carrare bouchardé.


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