HISTORIQUE
Don de la Confédération. William Rappard (1883-1958) naquit à New-York de parents suisses. Professeur, haut fonctionnaire de la Société des Nations, dont il dirigea la section des mandats, il fut chargé plusieurs fois de missions importantes par la Confédération et a été également fondateur et directeur de l’Institut Universitaire des Hautes études internationales.
Depuis le 1er janvier 1995, le Centre William Rappard (CWR), qui jadis hébergea le secrétariat du GATT, accueille le siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). A côté du CWR, la Fondation des immeubles pour les organisations internationales à Genève (FIPOI) vient de construire une nouvelle salle de conférences, d’une capacité de 710 places.
Egalement dédiée à la mémoire de notre illustre concitoyen, cette nouvelle salle de conférences augmente sensiblement les capacités d’accueil du siège de l’OMC.
En 1994, la décision du Conseil fédéral de construire une nouvelle salle de conférences et de la mettre gratuitement à la disposition de l’OMC pour ses propres besoins, a été un élément déterminant de l’offre suisse pour accueillir le siège de l’OMC. A cet effet, les Chambres fédérales ont accepté la proposition de l’exécutif, permettant un don à la FIPOI d’un montant de 31,2 millions de francs pour financer la construction de cette nouvelle salle. La FIPOI a été autorisée à mettre la salle de conférences, dont elle reste propriétaire, à la disposition d’autres organisations internationales durant les périodes où elle ne serait pas occupée par l’OMC.
Les travaux ont débuté en août 1995. La salle a été inaugurée le 16 février 1998, après 30 mois de travaux.
SITUATION
Proximité du Palais des Nations Unies. La nouvelle salle de conférences est construite en bordure de la rue de Lausanne, dans le parc qui entoure le CWR, à proximité immédiate du bâtiment existant. Cet espace vert se développe en prolongation naturelle de la colline qui relie, en amont de la rue de Lausanne, les parcs de l’Organisation des Nations Unies et le jardin botanique. Cet environnement a conduit à un projet dont les formes et la volumétrie favorisent une harmonie générale entre site et bâtiment.
L’emplacement a conduit à imaginer une salle en hémicycle. Du côté de la présidence, un mur-barrière neutralise le bruit de la rue de Lausanne.
Depuis la présidence, un dégagement visuel et physique à travers le parc se prolonge jusqu’au bord du lac Léman, à travers la sortie de la salle des “pas perdus”, zone totalement ouverte sur l’extérieur.
L’important mur de la salle, côté rue de Lausanne, constitue le point de départ en cascade de la toiture du bâtiment, laquelle accompagne la pente du terrain vers le lac et s’insère parfaitement dans le paysage.
La salle s’ouvre vers les jardins et, à travers la salle des “pas perdus”, les délégués peuvent sortir du lieu de conférences vers le parc, jusqu’au bord du lac Léman.
PROGRAMME
Optimaliser la construction. La salle de conférences en hémicycle a une capacité totale de 710 places. Elle peut être divisée en deux salles, de 387 et 323 places respectivement.
Une importance particulière est donnée à l’éclairage naturel, zénithal et latéral, ainsi qu’à une bonne acoustique. Des cabines pour interprètes, accessibles aux handicapés, comme tout l’ensemble d’ailleurs, sont distribuées en périphérie de l’hémicycle, deux parties latérales étant réservées aux observateurs.
La salle des “pas perdus” qui accueille également la cafétéria, se compose d’un grand espace ouvert sur le parc et le lac. L’espace supérieur est occupé par la salle de repos et les sanitaires des interprètes. Au sud, se situent les vestiaires, deux bureaux et l’infirmerie.
Le sous-sol regroupe des locaux techniques (ces derniers accessibles depuis l’extérieur par un escalier), et des locaux publics. En outre, une galerie souterraine relie le sous-sol du bâtiment existant à celui de la nouvelle salle de conférences: elle permet l’exploitation commune des équipements techniques et autorise le transit entre les deux entités, notamment pour l’importante documentation dont l’impression se fait au CWR.
Un monte-charge assure la liaison entre le sous-sol et le rez-de-chaussée. Ses dimensions et sa capacité permettent le transport de documents sur palettes.
Les locaux publics sont indépendants et isolés du reste du sous-sol. Ils regroupent les locaux sanitaires pour hommes et pour femmes, des cabines téléphoniques et des fax. Ils sont directement reliés à la salle des “pas perdus” par un escalier.
PROJET
Haute technicité omniprésente. Le bâtiment est construit sur deux niveaux principaux: le rez-de-chaussée et le sous-sol. Le volume du rez-de-chaussée est partiellement dédoublé pour pouvoir aménager certains locaux de services. L’entrée de la salle se situe sur l’axe liant visuellement la présidence à l’entrée de l’OMC (au CWR).
Les murs périphériques, éléments pleins et lourds en pierre naturelle, font barrage au bruit sur trois côtés. La quatrième paroi, qui donne sur le parc, se compose de verre structuré.
La couverture de la salle de conférence (env. 1’000 m2) est, tout comme celle de la salle des “pas perdus”, constituée de tôle de cuivre étamé reposant sur une charpente métallique. Toute cette enveloppe répond, dans son ensemble, aux exigences posées en matière d’optimisation de la consommation d’énergie thermique.
Le mur de la Présidence (10 m de haut par 60 m de long) délimite le bâtiment du côté de la rue de Lausanne. Il est constitué de deux murs: l’un, extérieur et l’autre, intérieur, supportant la poutre maîtresse de la toiture, au centre de l’ouverture de la Présidence (d’une largeur de 27 m). Un “anneau technique”, double mur circulaire en béton armé, marque le contour de la salle de conférences et se trouve percé par les portes d’accès des “pas perdus” vers la salle. Cet anneau supporte la charpente métallique des toitures ainsi que la galerie qui surplombe la salle en porte-à-faux de 4 m. Les ailes nord et sud présentent une structure classique de murs et dalles en béton armé, sur deux étages.
La salle de conférences forme un hémicycle de 25,50 m de rayon. Sa surface de 1’000 m2 est couverte sans appui intermédiaire. Quant à la salle des “pas perdus”, adossée contre la ceinture circulaire de la grande salle, elle est délimitée côté lac par une paroi entièrement vitrée, dessinant une succession de surfaces coniques ou cylindriques concaves - convexes. Les colonnes de cette façade supportent les fermes de la toiture et les réactions (poids plus pression du vent) des surfaces vitrées. La recherche d’un élancement maximal et d’un aspect de légèreté a conduit au choix d’une colonne en acier inoxydable, poli brillant.
La toiture de la salle de conférences est dotée de puits de lumière qui apportent un éclairage naturel, tandis qu’une épine dorsale centrale cintrée couronne le tout.
Dans la salle de conférences, le sol, revêtu de moquette, est constitué d’un faux plancher technique permettant la climatisation, ainsi que le passage des liaisons électriques nécessaires à chaque place de délégué. Le mur de la présidence est recouvert d’un placage en pierre naturelle (granit). Les autres parois sont habillées de bois naturel. Le plafond est composé d’un revêtement métallique avec luminaires incorporés diffusant la lumière naturelle ou artificielle. Des éléments d’obscurcissement complètent ce dispositif.
La lumière artificielle, complément à la lumière naturelle, contribue à la stabilité de la luminosité sur les plans de travail. L’utilisation de sources lumineuses à faible consommation, ainsi que la régulation du niveau d’éclairage, contribuent aux économies d’énergie.
Pour le hall des “pas perdus”, le sol en pierre naturelle (travertin) a été choisi en raison de ses qualités de durabilité et d’entretien. Les murs, tout comme d’ailleurs ceux de la salle de conférences, sont habillés de bois naturel. Le plafond, en réalité un faux plafond métallique perforé, intègre les luminaires et les conduites pour la ventilation et le chauffage.
L’isolation thermique des façades est placée sur la face extérieure de la structure du bâtiment; elle est protégée par un revêtement en pierre naturelle. En toiture, les matériaux et le principe d’isolation conduisent à une amélioration des conditions de confort aussi bien en hiver qu’en été et également à une économie d’énergie.
Des installations pour la ventilation et le traitement thermique et hygroscopique de l’air équipent la salle et ses annexes.
Un système d’interprétation simultanée permet la traduction de six, voire huit langues, avec diffusion sur les 710 postes de délégués et d’auditeurs. La centrale de sonorisation autorise la diffusion acoustique dans l’ensemble des locaux, cet équipement participant aussi au système de sécurité. Enfin, trois écrans de projection motorisés permettent la projection de diapositives et de vidéogrammes ainsi que la rétroprojection et la vidéoprojection dans les salles, quelle que soit leur partition.
A noter encore la prise en compte très large, dans l’établissement du projet, d’un cèdre de l’Atlas centenaire, autour duquel s’articule le dessin de la salle des “pas perdus”.
Plusieurs interventions ont été entreprises pour rétablir la bonne santé de cet arbre vénérable et pour le protéger d’éventuelles nuisances dues au chantier.














